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Les recherches des documents sur le vécu de la guerre au village ont été faites par les associations l’Arécrée, Atout jeune-famille et les professeurs A. Lataste et E. Caup.

 

L'évolution de la guerre, à travers les témoignages des ancêtres. Capture cahier guerre 14-18

Ce vécu est tiré, sans modifications d’orthographe, du cahier quotidien « parlez de moi je parlerai de vous » de Jean Baptiste Palé (né le 20/03/1897 mort le 11/11/1916 et fils de Pierre Palé et Marie Eulalie Tiret) de Lasseube et de cartes postales de familles lasseuboises.

 

 «1er Août 1914 ordre de mobilisation générale  » 

« 3 Août .Frontière française violée par des détachements allemands environ de Belfort. Gouvernement Italien a notifié officiellement à gouvernement français qu’il resterait neutre »

« 4 Août l’Angleterre serait à coté de toute puissance qui se trouvera dans les conditions de la Belgique. »

 

Le cahier commence par « l’ordre de mobilisation générale » et l’affirmation que « la frontière a été violée  par des détachements allemands ». Cette affirmation assure à la France le soutien de ses alliés dont l’emploi du conditionnel annonce l’engagement «l’Angleterre serait a coté de toute puissance »  alors que l’allié italien de l’Allemagne et de l’Autriche Hongrie ne s’engage pas lui !

 

« 9 Août entrée des troupes françaises en Alsace » « Les français sont entrés dans Altkirch en portant triomphalement les poteaux de frontière arrachés. Prise de Mulhouse Samedi matin à l’aube »

 

Comme pour les guerres précédentes, chaque camp avait son plan « infaillible » permettant une guerre rapide. Le plan 17 de la France prévoyait une percée par le Sud de l’Alsace, devenue allemande avec la Lorraine après la défaite de Napoléon III en 1870, et assurait ainsi la revanche : « Les français  sont entrés dans Altkicsh en portant triomphalement les poteaux de frontière arrachés »».

 

« 9 Août  La colonie allemande du Togo située entre le Dahomey français et la guinée anglaise est envahie par les troupes franco anglaises »

« 17 Août  Le gouvernement japonais a envoyé à l’Allemagne un ultimatum demandant

         1e De retirer des eaux japonaises et chinoises ses bâtiments de guerre ou de les désarmer

       2e D’évacuer dans le délai d’un mois le territoire de Kniatcheoa que le Japon se réserve de restituer à la Chine. »

 

Dès le début la guerre est mondiale du fait des rivalités  coloniales des belligérants. 

 

« 27 Août L’armée anglaise attaquée par des forces très supérieures a due, après une brillante résistance, à se replier un peu en arrière. A sa droite nos armées ont maintenues leurs positions. En Belgique l’armée d’Anvers par son offensive a attiré et retenue devant elle plusieurs offensives allemandes ».

« 29 Août Pendant ce temps nos alliés marchent d’un pas décisif vers la capitale de l’Allemagne que l’anxiété gagne »

Le fait que l’armée a dû se « replier »et qu’elle est « retenue » traduit le succès du plan Allemand (plan Shlieffen) mais comme les Russes « marchent d’un pas décisif vers la capitale de l’Allemagne » laisse espérer un retournement de la situation et donc une poursuite de la guerre de mouvements qui s’est traduite pour Lasseube par la mort de Jean Lucien Laude de Haut (Né le 5/02/1888 à Aramits et domicilié à Lasseube) fils de Jean Baptiste Laude de Haut et de Engrâce Casaurang) , premier Lasseubois tué, le 27 Août dans les Ardennes (Thélonne) lors du repli des troupes du plan 17 !


     

Septembre 1914


 « 2 Septembre. A notre aile gauche dans la journée du 1er Sept un corps de cavalerie allemand dans sa marche vers la forêt de Compiègne a eu un engagement avec les anglais». 


Conformément au plan Shlieffen voilà les « allemands » proches de Paris, le gouvernement part ce jour même pour Bordeaux !

« 3 Septembre. A notre aile gauche l’ennemi paraît négliger Paris pour poursuivre sa tentative de mouvement débordant ».

« 6 Septembre. La manœuvre débordante de l’ennemi semble définitivement conjurée

« 7 Septembre. Nos armes ont repris contact dans de bonnes conditions avec la droite ennemie sur le Grand Morin, le Grand Morin rivière de la Marne ».

« 8 . Les troupes de la défense avancée de Paris ont livré dans le voisinage de l’ Ourcq des combats dont l’issue a été favorable »

Pour « poursuivre » en prenant en tenaille les gros des forces alliées les Allemands interrompent leur avancée vers Paris. Cela permet l’envoi rapide de troupes, par taxis, pour aider à une contre -offensive sur la Marne. Deux lasseubois vont mourir lors de ces combats :

   -Prosper Gaspard Dihort né à Ogeu le 10/8/1880 de Jean Antoine Dihort et Maupeu Anne sera tué le 8 Septembre à Certine (Marne)

-   Jean Soula, 23 ans, né à Monein le 13/2/1891 de Pierre Soula et Marie Heugas sera tué le 18 septembre, à Oulches(Aisne).

«  16 Septembre. Dés les journées des 14 et 15 Septembre les arrières gardes ennemies atteintes par nos éléments de poursuite ont dû faire tète et ont été renforcées par le gros des armées allemandes .L’ennemi livre une bataille défensive sur tous le front dont certaines parties ont été fortement organisées par lui ».

« 19 Septembre. Au centre les allemands n’ont pas bougé des profondes tranchées qu’ils ont construites »

C’est la fin de la guerre de mouvements attendue, les fronts s’enterrent. Chaque camp essaie de fortifier ses positions, Jean Laborde domicilié à Lasseube, fils de Bernard Laborde ouvrier à Lasseube et de Jeanne Justodia, meurt dans la Meuse à Eton, à 31 ans, le 18 septembre.

« 22 Septembre. Les dernières pluies ont détrempé le terrain au point de rendre tout mouvement, important, de troupes difficile. Il s’agit donc de conquérir des lignes de tranchées successives, toutes précédées de défense accessoires et notamment de réseau de fil de fer avec mitrailleuses. La progression ne peut être que lente »

Une nouvelle guerre « lente » commence avec de nouvelles armes et de nouvelles conditions de combats et de vie.


Octobre 1914

« 2 Octobre. La bataille continue très violente dans la région de Roye  où les allemands paraissent avoir concentré des forces importantes »  

« Sur tout le reste du front il n’a été tenté de part et d’autre que des opérations partielles »

 

  Les fronts sont enterrés  et « fortement organisés » ; les états majors changent donc de stratégie et recherchent des lieux où une attaque décisive, avec des forces massivement regroupées, pourra assurer une percée fragilisant  la ligne de front ennemie.

 

« 3 Octobre. Aucun détail nouveau à signaler, l’impression  générale reste favorable ».

 

« 9 Octobre. Dans l’ensemble, la situation est stationnaire les positions occupées demeurent les mêmes malgré quelques violents combats. »

 

  « Aucun détail », aucun fait, aucun changement, de tels constats apparaissent ; ils traduisent l’enlisement des fronts «qui « demeurent les mêmes ». Le but de cette guerre désormais « stationnaire » va être d’user l’ennemi par « de violents combats ». Dans un de ceux-ci  Etienne Bourdéré, de la maison Boudéré, fis de Jean Laurent et de Marie Anne Sere  est mort « au combat » le 7 Octobre 1914. Il en est de même à Oulches, où déjà trois semaines plus tôt meurt Julien Soula, puis Jean Baptiste Jumbou fils de Jean Pierre et de Bordenave Marguerite, maison Mousarnès, le 12 Octobre.

 « 10 Octobre. Des combats engagés entre les cavaleries opposées ont été assez confus. »

 

Pour  pouvoir user l’armée ennemie, le résultat « confus » des techniques traditionnelles  laisse    progressivement la place à des armes nouvelles adaptées à une « reconnaissance » générale des fronts, à de nouvelles formes de combats et à  une  guerre de tranchées.


 

« 13 Octobre. Sur la rive droite de la Meuse  nos troupes qui tiennent les Hauts de Meuse à l’Est de Verdun ont avancé au Sud de la route de Verdun à Metz ».

 

 

 

La prolongation de la guerre et la volonté d’user les forces de l’armée ennemie déterminent la recherche de lieux emblématiques qui abritent les plus importantes avancées allemandes ou les plus faibles reculs français. Ainsi des offensives  amèneraient l’ennemi à y engager toutes ses forces et, comme le dira plus tard un stratège allemand « l’armée sera saignée à blanc » (Falkenhayn), ses offensives y seraient donc « finales » !

Après Octobre 14   un des « violents combats » notifié par Jean Baptiste Palé, sera celui de la bataille de l’Aisne. La victoire décisive de la Marne permet de repousser l’armée allemande sur les hauteurs au Nord de la vallée de l’Aisne. Les combats du 13 au 20 Septembre vont permettre aux alliés de fixer leurs lignes de tranchées sur le plateau du chemin des dames. De septembre à Novembre 1914 aura lieu la première bataille du chemin des dames. Du 15 au 20 septembre chacune des deux armées cherche à y percer le front adverse. De nouvelles tentatives ont lieu sans succès, du coté allemand du 26 au 29 Septembre, puis du côté français le 30 Septembre et du 12 au 14 Octobre. Du 6 au 13 novembre, une dernière tentative française de reprendre le plateau se heurte à une vive résistance allemande. C’est lors de cette tentative que trois des quatre derniers soldats lasseubois, morts en 1914, seront tués. Les deux premiers le seront le même jour, le 12 Novembre, au même lieu « Vingré ». Il s’agit des lasseubois Bécaas Hippolyte et Bécaas Jean Adrien. S’y ajoutera le 16 Novembre Pierre Alfred Ticoulat, qui sera tué, à la bataille voisine de la « ville au bois », sur le même plateau du Chemin des Dames.

 

 

 

 

Cet enchainement de terribles nouvelles, en quelques jours, permet de comprendre ce passage révélateur: « Maintenant tu me demandes des nouvelles du pays. Elles sont courtes à te dire ses nouvelles, peu de choses se passent à Lasseube. Tout est tranquille les jours de semaine sont tristes et quant aux dimanches pire encore ; tu peux croire que dans les auberges on ne trébuche, pas dans les quilles, les enchères ne montent.

 

Ainsi décrypte (-) A.Lataste, un premier écho du front, au début janvier 1915 :


- « Ne vous faites pas de mauvais sang » (extrait de « Je vous écris » correspondances lasseuboises 2014).


« Lundi 10 Janvier 1915 

Chers parents ce mot seulement pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour le moment. »

J’espère que la présente vienne vous trouver de même. Chers parents ne vous faites pas du mauvais sang pour moi, je vais très bien, j’ai bon appétit, je mange de tout ce qu’il y a et vous me direz si vous avez changé le bœuf.  J Baptiste ».

 

Après 5 mois de guerre cette carte est révélatrice du quotidien de la vie au front et des inquiétudes, évoquées dans une lettre à laquelle cette carte répond « vous me direz si vous avez changé le bœuf » ! Trois qualificatifs ont permis à la carte d’arriver en n’allant pas contre « l’obligation impérieuse de garder le secret », que Jean Baptiste Palé note dés le 11 Septembre, car vagues, mais qui sont chargés d’incertitudes : « mes nouvelles sont assez bonnes pour le moment » « Je mange de tout ce qu’il y a ».

 

- Mais ce premier hiver du front occidental constitué d’une ligne continue de tranchées, de la mer du nord à la Suisse, dans la boue et dans l’eau, est en réalité une épreuve inhumaine. Trois Lasseubois y perdent la vie en janvier :

- Candessus Jean-Pierre né le 25/3/1887 à Estialescq, fils naturel de Marie Candessus, soldat au 283e RI est décédé le 15 /1/1915 au Bois des Chevaliers, tué à l’ennemi. Mort pour la France à 28 ans, acte transcrit à Lasseube le 15/10/1918.

- Castillon Grat, né le 1/7/1882 à Lasseube, fils de Jean, cultivateur et de Bouchet Marie, soldat au 18e RI

est porté disparu le 25/1/1915 à La Creute (Aisne). Mort pour la France à 33ans, acte transcrit à Lasseube, le 18/1/1921.

- Turonnet Jean-Pierre, né le 6/5/1894 à Lasseube, fils de Jean et de Ticolat Françoise, ouvrier boulanger

soldat au 18e RI, est mort à Craonne (Aisne), tué à l’ennemi. Mort pour la France à 21 ans, acte transcrit à

Lasseube le 22/8/1921.


Ainsi s’ouvre l’année 1915, après 6 mois de combats meurtriers, 18 Lasseubois (15 pour 2014) ont perdu la vie et l’année 1915 sera la plus meurtrière (21 tués).


 






 

 

 

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